Mue de l'oiseau

La mue, ou changement de plumage, est un état par lequel  les oiseaux doivent passer chaque année. Ils se débarrassent de leur ancien « costume » pour l'échanger contre un tout nouveau. Cette mue n'a rien d'anormal et, en général, le processus se déroule sans le moindre problème, mais…. de temps en temps, il peut y avoir l'une ou autre « anicroche ».
Yves Donnneger nous propose de mieux comprendre ce phénomène naturel.

Le phénomène bien connu 

Il vous est sûrement déjà arrivé d'entendre l'anecdote du canari installé dans la salle de séjour pour le plaisir de l'entendre chanter. Au début, tout se passe pour le mieux. A peine installé, il régale tout le monde par ses vocalises, tout au long de la journée. Après quelques semaines, ou mois, il se met à muer et…. fini les vocalises, silence complet. Cette mue dure maintenant depuis trois ans, sans que la moindre note ne sorte de son gosier.

                Les exposants se retrouvent également, parfois dans le pétrin. L'un ou l'autre oiseau qui faisait des scores très élevés, n'y arrive plus du tout, il est en période de mue. Vous pouvez remarquer que la mue « normale » ne le sera, tout à coup, plus du tout et amène de nombreux problèmes. Ces problèmes ne sont pas les mêmes pour toutes les espèces. Ainsi les perruches australiennes et les mandarins qui passent par la deuxième mue pendant la période des expositions ne sont pas hors circuit pour l'élevage , Les canaris, en revanche, qui passent par une deuxième mue pendant la période des expositions (donc en hiver) peuvent être mis au repos pour l'élevage, qu'il s'agisse d'un mâle ou d'une femelle.     

L'influence humaine

Il vous est sûrement déjà arrivé d'entendre l'anecdote du canari installé dans la salle de séjour pour le plaisir de l'entendre chanter. Au début, tout se passe pour le mieux. A peine installé, il régale tout le monde par ses vocalises, tout au long de la journée. Après quelques semaines, ou mois, il se met à muer et…. fini les vocalises, silence complet. Cette mue dure maintenant depuis trois ans, sans que la moindre note ne sorte de son gosier.


                La première constatation est que, cette mue de trois ans du canari ainsi que la deuxième mue des oiseaux d'expositions en plein hiver, n'est absolument pas normale. Comment se fait-il que cet oiseau mue pendant trois ans ou que ces autres muent pour la deuxième fois sur l'année ?

                La réponse à ces questions nous aidera certainement à avancer quelque peu et de telle sorte que, dans l'avenir, nous ne soyons plus confrontés à ces problèmes. Regardez autour de vous, vous ne trouverez aucun oiseau dans la nature, qui, en plein hiver, se mette en route à muer, il y laisserait inévitablement la vie. Quel exposant peut affirmer qu'il n'a jamais dû faire face à la mue d'oiseaux qui démarre en décembre ?

                Afin de savoir comment tout cela se déroule, naturellement, nous allons parcourir, ensemble, une année. Nous démarrons au printemps, au moment où les jours commencent à rallonger, la vie hormonale de l'oiseau se trouve aiguillonnée par l'influence accrue de la lumière. L'hypophyse provoquera la sécrétion des hormones qui stimuleront l'activité sexuelle de l'oiseau. Certains oiseaux revêtent leur parure nuptiale, d'autres sifflent et exécutent leur parade qui est un véritable délice dans le seul but de former un couple, pondre des œufs et les couver.

                Après la ou les couvaisons pour certaines races et lorsque le nourrissage des jeunes est terminé, les oiseaux peuvent enfin se reposer un peu. Ils se laissent choyer par les chauds rayons du soleil et jouissent de toutes les graines mures et de la tendre verdure que la nature leur offre spontanément. Mais les jours se mettent progressivement à raccourcir, la pulsion sexuelle et de reproduction est déjà oubliée et l'hypophyse a, par l'intermédiaire de la sécrétion hormonale, enclenché le processus de mue.

Une dure période débute pour l'oiseau

La perte de quelques rectrices et rémiges rend le vol plus pénible. L'absence de couverture a pour conséquence de diminuer l'isolation du corps, alors que la température extérieure baisse et que l'humidité augmente, ce qui rend la vie encore plus pénible à l'oiseau. Si tout se passe bien, l'oiseau apparaîtra, après quelques semaines de mue, posant fièrement dans ses plus beaux atours. S'il s'agit d'oiseaux en cage, l'amateur se met déjà à rêver de titres aux expositions. Il est déjà convaincu que personne ne possède un joyau pareil au sien. Laissons rêver les pierrots lunaires et revenons à la période de la mue. La mise en route de la mue se fait sous l'influence de l'hypophyse dès l'instant où les jours se mettent à raccourcir. C'est ainsi que le veut la nature. Normalement dans la nature, les oiseaux en ont fini avec la mue, pour l'entrée de l'hiver. Les oiseaux dont le cycle n'est pas perturbé par une exposition à la lumière artificielle, n'auront pas de problème de mue. La chose peut bien être différente pour les oiseaux d'exposition.

La situation n'est pas idéale

Quelle peut être la différence ?

                Les oiseaux qui n'ont pas été exposés à un supplément de lumière artificielle débutent leur journée aux environs de huit heures et la termineront plus ou moins vers dix-sept heures, en conséquence l'oiseau aura bénéficié de neuf heures de lumière. La chose est bien différente pour les oiseaux d'exposition. La plupart des expositions débutent par «l'enlogement» le mardi ou le mercredi soir. Avant que les oiseaux soient mis en place, il est souvent entre dix-neuf heures et vingt-deux heures, certains exposants ayant une activité professionnelle  qui ne leur permet pas de venir plus tôt.

                Le jour suivant, les oiseaux sont jugés, les juges sont présents aux alentours de huit heures trente. Ceci signifie que les bons organisateurs sont présents vers sept heures du matin, afin de préparer la salle pour les jugements et, donner le petit coup de balai nécessaire, afin que tout soit bien propre. En résumé, au lieu d'avoir pu bénéficier de quelque quinze heures de repos, ils n'auront eu que  huit ou dix heures. Le jour suivant, il faut établir le classement, la salle doit être préparée pour les visiteurs et les amateurs qui viendront voir notre manifestation et là encore l'éclairage artificiel reste assez tardif.

                Pour le délogement, le dimanche, avec beaucoup de chance, après avoir récupéré vos oiseaux, vous allez regagner votre domicile et reloger vos champions et tous les autres au calme, pour certains cela se fera que le lendemain matin car l'heure est trop tardive. Vous pouvez donc faire le compte que pendant ces journées vos oiseaux auront eu des nuits d'environ sept ou huit heures. Ceci à des répercussions, et non des moindres sur l'hypophyse. Suite à l'allongement des périodes d'exposition à la lumière, l'hypophyse stimule à nouveau le système hormonal et, l'oiseau se figure devoir se préparer à sa mise en route de la reproduction.

                A partir du lundi et tous les jours suivants, l'oiseau se trouve de nouveau dans l'obscurité dès dix-sept heures et jusqu'à huit heures du matin. En d'autres termes, l'hypophyse enregistre à nouveau la brièveté des journées et fait savoir à l'organisme de l'oiseau qu'il doit se mettre au repos. Après quelques cycles de ce genre (exposition / repos) l'oiseau ne sait plus très bien si c'est l'été ou l'hiver, s'il doit se préparer pour l'élevage ou profiter du repos auquel il a le droit. La conséquence en sera que cet oiseau aura des problèmes de mue. Si vous le placez dans un endroit calme, sans lumière artificielle, tout peut encore rentrer dans l'ordre.

                Les vrais problèmes vont se poser pour peu que l'amateur se sente des envies de débuter la saison d'élevage, dès le mois de janvier.  Le nombre d'heures d'exposition à la lumière, dans la pièce d'élevage est systématiquement augmentée et le malheureux qui, pendant la période d'exposition, était entré en mue, se retrouvera une nouvelle fois face à de gros problèmes L'hypophyse mettra immédiatement un terme au processus de la mue, qu'il soit arrivé à son terme ou non. La conséquence en sera que l'oiseau présentera des places chauves dans son plumage. L'isolation est défectueuse et les problèmes arrivent à très grande vitesse..

Quelques solutions

Si vous présentez des oiseaux en expositions, il serait préférable d'augmenter progressivement les heures de lumière dans votre élevage. Ceci afin d'arriver à environ quinze heure* de lumière en pleine saison d'exposition. Vous constaterez que vos oiseaux ne se mettront pas à muer. Il vous faudra bien séparer les oiseaux d'élevage des autres. Je persiste à croire que l'on ne peut utiliser les mêmes oiseaux pour exposer et pour élever. Le même problème se pose pour le propriétaire du «canari chanteur» de la salle de séjour. La plupart du temps, l'oiseau se trouve dans une ambiance trop chaude, mais le pire vient de l'éclairage. Le «pipt» profite, le samedi soir de la vision du film quand cela n'est pas tous les jours et il aura à peine eu le temps de s'assoupir que papa rallume pour apaiser une petite soif ou une envie urgente.


Yves Donneger


 


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Dernière mise à jour le :mardi 8 mai 2012
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